Âmarrage est une création de théâtre de marionnettes réalisée en co-création avec Fanny Tousignant dans le cadre de notre fin de DESS en théâtre de marionnettes contemporaine à l’UQÀM. Inspiré du conte Peau de phoque, peau d'âme, le spectacle raconte l'histoire d'une femme-phoque qui danse librement parmi les siens jusqu'au jour où un chasseur lui dérobe sa peau. Privée de sa liberté, elle est contrainte de vivre sur la terre ferme, où elle devient épouse et mère. Peu à peu, elle s'éteint, jusqu'à ce que son enfant découvre sa peau cachée dans une fissure de la montagne. C'est en retrouvant sa peau, puis sa voix à travers le récit, qu'elle retrouve enfin son identité et le chemin de la mer.
Porté par un castelet-montagne qui se métamorphose en figure de grand-mère, Âmarrage explore les liens entre mémoire, transmission et liberté, dans une scénographie où le paysage devient lui-même un personnage.
Aujourd'hui, j'ai envie de poursuivre cette histoire avec Celles qui gardent leur peau. Non plus du point de vue de la femme qui perd sa peau, mais de celle qui ne l'a jamais perdue. En voyant des femmes que j'aime devenir mères, j'ai compris combien cette transformation pouvait être un immense don de soi, au point de mettre une part de leur identité entre parenthèses. J'aimerais raconter celles qui veillent sur la peau de leurs amies pendant qu'elles prennent soin des autres, avec la promesse de la leur rendre lorsqu'elles seront prêtes à la revêtir de nouveau.